droit-social
Cerfa S6200 : déclaration d'accident du travail (DAT) par l'employeur
Cerfa S6200 : la déclaration d’accident du travail par l’employeur
Le Cerfa S6200 (référence 14463) est le formulaire de déclaration d’accident du travail (DAT) que vous, employeur, devez transmettre à la CPAM dans un délai de 48 heures après avoir eu connaissance de l’accident subi par votre salarié. Cette obligation est prévue par l’article L.441-2 du Code de la sécurité sociale et son non-respect vous expose à des sanctions financières. Depuis plusieurs années, cette déclaration s’effectue de préférence en ligne via net-entreprises.fr, mais le Cerfa papier S6200 reste utilisable dans certains cas.
Qu’est-ce que le Cerfa S6200 et quand l’utiliser
Le Cerfa S6200 est le support officiel de la DAT. Il recense l’ensemble des informations nécessaires à la caisse pour instruire le caractère professionnel de l’accident : identité de la victime, circonstances précises, lieu, horaire, nature des lésions, présence de témoins ou de tiers.
Vous devez remplir une DAT dès lors qu’un de vos salariés est victime d’un accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail (article L.411-1 du Code de la sécurité sociale), y compris pour un accident bénin en apparence. Un fait accidentel sans arrêt de travail immédiat peut évoluer et donner lieu à une rechute : la déclaration reste donc obligatoire.
Le même formalisme s’applique à l’accident de trajet (article L.411-2), c’est-à-dire l’accident survenu sur le parcours normal entre le domicile et le lieu de travail, ou entre le lieu de travail et le lieu habituel de restauration.
Attention : le Cerfa S6200 concerne la déclaration de l’accident. Il ne doit pas être confondu avec la feuille d’accident du travail (Cerfa S6201), que vous remettez au salarié pour lui permettre la gratuité des soins, ni avec l’attestation de salaire (Cerfa S6202) servant au calcul des indemnités journalières.
Comment remplir et transmettre la déclaration
Les informations à renseigner
Le formulaire comporte plusieurs blocs à compléter avec soin :
- L’employeur : raison sociale, adresse, numéro SIRET, code risque de l’établissement (celui qui détermine votre taux AT/MP).
- La victime : identité, numéro de sécurité sociale, emploi occupé, ancienneté, date d’embauche.
- L’accident : date, heure, lieu exact, activité de la victime au moment des faits, nature et siège des lésions, description précise des circonstances.
- Les tiers et témoins : coordonnées de toute personne ayant assisté à l’accident ou l’ayant causé.
La précision des circonstances est capitale. Une description floue peut fragiliser votre position lors de l’instruction et limiter votre capacité à contester ultérieurement l’imputabilité.
Le délai de 48 heures
Vous disposez de 48 heures, dimanches et jours fériés non compris, à compter du moment où vous avez connaissance de l’accident, pour adresser la DAT à la CPAM dont dépend la victime. Ce délai court à partir de l’information reçue, et non de la date de l’accident lui-même lorsque le salarié vous informe tardivement.
La transmission dématérialisée
La déclaration en ligne via net-entreprises.fr est la voie privilégiée. Elle sécurise l’horodatage, réduit les erreurs de saisie et accélère l’instruction. Le Cerfa S6200 papier demeure une solution de secours, à envoyer en recommandé avec accusé de réception pour conserver la preuve du respect du délai.
Les réserves motivées : votre levier de défense
Au moment de la déclaration, ou dans un délai de 10 jours francs à compter de celle-ci, vous pouvez émettre des réserves motivées sur le caractère professionnel de l’accident. C’est un droit essentiel pour la maîtrise de votre compte employeur.
Une réserve n’est recevable que si elle porte sur :
- les circonstances de temps et de lieu de l’accident (l’accident a-t-il vraiment eu lieu sur le temps et le lieu de travail ?) ;
- l’existence d’une cause totalement étrangère au travail.
Une simple contestation générale, sans motivation précise, sera écartée par la caisse. Des réserves motivées obligent en revanche la CPAM à mener une instruction contradictoire (envoi d’un questionnaire, éventuelle enquête) avant de statuer. Cette étape peut aboutir à un refus de prise en charge, ce qui évite l’imputation des dépenses sur votre taux AT/MP.
Les réserves ne sont pas à confondre avec la contestation de la décision de prise en charge, qui intervient plus tard, une fois la décision notifiée, devant la commission médicale de recours amiable ou le pôle social du tribunal judiciaire.
Sanctions en cas de défaut ou de retard de déclaration
Le non-respect de vos obligations déclaratives n’est pas neutre.
- Absence ou retard de DAT : la caisse peut vous réclamer le remboursement des dépenses engagées et vous encourez une amende prévue par le Code de la sécurité sociale.
- Fausse déclaration : les mentions inexactes peuvent engager votre responsabilité.
- Défaut de déclaration : le salarié conserve la possibilité de déclarer lui-même l’accident à la caisse dans un délai de deux ans, ce qui vous prive de la maîtrise du dossier dès l’origine.
Le défaut de déclaration peut également constituer un élément retenu à l’appui d’une reconnaissance de faute inexcusable de l’employeur (article L.452-1 du Code de la sécurité sociale), aux conséquences financières lourdes : majoration de la rente de la victime et réparation de préjudices complémentaires.
Enjeux pour votre taux AT/MP et votre compte employeur
Chaque accident reconnu comme professionnel vient alimenter votre compte employeur et pèse sur le calcul de votre taux de cotisation AT/MP. Un accident à forte incidence (arrêt long, IPP, rente) peut renchérir durablement vos cotisations.
D’où l’importance :
- de déclarer dans les délais tout en documentant rigoureusement les circonstances ;
- d’émettre des réserves motivées lorsque le caractère professionnel est douteux ;
- de surveiller la notification de prise en charge pour, le cas échéant, contester ou invoquer l’inopposabilité de la décision (irrégularités de procédure de la caisse).
Une DAT bien conduite est donc le premier acte d’une gestion maîtrisée du risque AT/MP.
Questions fréquentes
Le Cerfa S6200 est-il encore valable en 2024 ?
Oui, le Cerfa S6200 reste un formulaire officiel de DAT. Toutefois, la déclaration en ligne sur net-entreprises.fr est fortement recommandée et constitue la voie la plus fiable pour respecter le délai de 48 heures et sécuriser l’horodatage de votre transmission.
Dois-je déclarer un accident même sans arrêt de travail ?
Oui. Tout accident survenu par le fait ou à l’occasion du travail doit être déclaré, même en l’absence d’arrêt et même s’il paraît bénin. Une lésion sans arrêt immédiat peut évoluer en rechute. Ne pas déclarer vous expose à des sanctions et vous prive de la possibilité d’émettre des réserves.
Quel délai pour émettre des réserves motivées ?
Vous pouvez formuler des réserves motivées au moment de la déclaration ou dans un délai de 10 jours francs suivant celle-ci. Elles doivent porter sur les circonstances de temps et de lieu de l’accident ou sur une cause totalement étrangère au travail pour être recevables et déclencher une instruction contradictoire.
Quelle différence entre le Cerfa S6200 et la feuille d’accident S6201 ?
Le Cerfa S6200 est la déclaration adressée à la CPAM pour signaler l’accident. La feuille d’accident S6201 est remise à votre salarié pour lui garantir la prise en charge des soins sans avance de frais. Ce sont deux documents distincts et complémentaires.
Que se passe-t-il si je ne déclare pas l’accident dans les délais ?
Le retard ou l’absence de déclaration vous expose au remboursement des dépenses de la caisse et à une amende. Le salarié peut par ailleurs déclarer lui-même l’accident dans un délai de deux ans. Un défaut de déclaration peut aussi être invoqué dans le cadre d’une faute inexcusable.
L’essentiel à retenir
Le Cerfa S6200 formalise votre déclaration d’accident du travail dans un délai impératif de 48 heures. Remplissez-le avec précision, conservez la preuve de sa transmission, et pensez systématiquement aux réserves motivées lorsque le caractère professionnel de l’accident est incertain. Ces réflexes protègent votre compte employeur et votre taux AT/MP.
gerermesatmp outille vos équipes RH : la plateforme automatise vos déclarations d’accident du travail, alerte sur les délais de 48 heures et de réserves, sécurise l’horodatage des transmissions et centralise le suivi de vos dossiers AT/MP pour maîtriser l’impact sur votre taux de cotisation.