Document unique

DUERP : le document unique d'évaluation des risques

Tout le monde vous dira qu'il est obligatoire. Presque personne ne vous dira ce qu'il devient le jour d'un accident : la première pièce qu'on vous demande, et celle qui décide si vous vous défendez ou si vous vous expliquez.

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Sans compte. Par unité de travail, coté, avec export.

C'est quoi, le DUERP ?

Le document unique d'évaluation des risques professionnels est celui dans lequel l'employeur transcrit les résultats de l'évaluation des risques pour la santé et la sécurité de ses salariés. Le code du travail en précise la forme : un inventaire des risques identifiés dans chaque unité de travail de l'entreprise ou de l'établissement.

Il est obligatoire dès le premier salarié, sans seuil d'effectif. Ce qui varie avec la taille, ce n'est pas l'obligation d'en avoir un : c'est la fréquence de mise à jour et ce qu'on doit en faire ensuite.

Les six obligations, en un coup d'œil

« Avoir un DUERP » ne suffit pas : le texte impose six choses distinctes, et c'est généralement sur la troisième et la cinquième que les entreprises se découvrent.

Infographie des six obligations liées au DUERP : transcrire dès le premier salarié, inventorier par unité de travail, mettre à jour au moins chaque année dès 11 salariés, agir via le programme annuel de prévention à partir de 50 salariés, tenir à disposition des travailleurs et anciens travailleurs, conserver quarante ans

Qui doit le mettre à jour, et quand ?

L'employeur en est responsable, même s'il en délègue la réalisation à un préventeur, à un prestataire ou à un logiciel. La délégation porte sur le travail, pas sur la responsabilité.

Chaque année

Dans les entreprises d'au moins onze salariés. En dessous de ce seuil, l'obligation annuelle systématique ne s'applique pas — les deux autres cas, si.

Aménagement

Lors de tout aménagement important modifiant les conditions de santé, de sécurité ou de travail : nouvelle machine, nouveau local, réorganisation.

Info nouvelle

Quand une information nouvelle sur l'évaluation d'un risque est portée à votre connaissance. Un accident en est une.

Ce troisième cas est le plus négligé, et le plus parlant. Un accident du travail vous apprend quelque chose sur un risque : il déclenche donc l'obligation de mise à jour. Un DUERP rigoureusement identique avant et après un sinistre grave est une anomalie que personne ne manque — c'est précisément ce que l'arbre des causes vient alimenter.

Comment faire un DUERP ?

La difficulté n'est pas de remplir un tableau : c'est que le tableau décrive le travail réel.

01

Découper en unités de travail

Regrouper les postes qui partagent les mêmes conditions d'exposition. Le découpage doit refléter le travail réel, pas l'organigramme — c'est là que la plupart des documents décrochent de la réalité.

02

Identifier les risques réels

Sur le terrain, avec ceux qui tiennent les postes. Ce qui se passe vraiment, pas ce que prévoit la procédure : un DUERP qui décrit un travail théorique ne protège personne, et ne convainc pas davantage.

03

Coter pour hiérarchiser

Gravité, fréquence, puis maîtrise déjà en place. On obtient un risque résiduel — celui qui reste une fois les protections existantes prises en compte — et donc un ordre de priorité défendable.

04

Associer une mesure à chaque risque prioritaire

Une action, un responsable, une échéance. C'est ce chaînage qui transforme un inventaire en démarche de prévention — et, à partir de 50 salariés, qui alimente le programme annuel.

05

Mettre à jour, et garder les versions

Au moins chaque année dès 11 salariés, à chaque aménagement important, à chaque information nouvelle. Et conserver chaque version quarante ans.

Modèle, exemple ou logiciel ?

C'est la question la plus posée après « c'est quoi ». Les trois réponses n'ont pas la même valeur — et la première est celle qui expose le plus.

Un modèle vierge

Utile pour comprendre

Il montre la structure attendue. Mais rempli tel quel, il produit un document générique — celui qui ne résiste pas à la confrontation avec les faits.

Un exemple sectoriel

Utile pour ne rien oublier

Voir les risques classiques de son métier évite les angles morts. À condition de trier : votre atelier n'est pas celui du voisin.

Un outil

Utile pour tenir dans la durée

Parce que l'obligation n'est pas d'écrire un document : c'est de le maintenir, de garder les versions quarante ans et de les relier aux actions.

Notre outil est gratuit et sans compte. Il vous fait découper vos unités de travail, coter vos risques avec leur niveau de maîtrise, et produit le document exportable — relié au plan d'actions.

Créer mon document unique

Les quatre erreurs qui coûtent cher

Elles ne se voient pas tant qu'il ne se passe rien. Elles se voient toutes le même jour.

Erreur 1

Le document acheté et jamais ouvert

Un modèle générique rempli une fois puis rangé : il ne décrit pas votre travail, ne mentionne pas vos risques réels, et se retourne contre vous dès qu'on le compare aux faits.

Erreur 2

L'évaluation globale au lieu des unités de travail

Le texte exige un inventaire des risques dans chaque unité de travail. Un document qui traite l'entreprise comme un tout ne répond pas à l'obligation, même s'il est épais.

Erreur 3

Le risque inscrit et laissé sans suite

Le pire des scénarios : le document prouve que vous connaissiez le danger, et rien ne prouve que vous avez agi. C'est exactement la démonstration attendue en faute inexcusable.

Erreur 4

La mise à jour oubliée après un accident

Un accident est une information nouvelle sur un risque : il déclenche l'obligation de mise à jour. Un DUERP identique avant et après un sinistre grave est une anomalie visible.

Ce que le DUERP devient le jour d'un accident

Les sites institutionnels traitent le document unique comme une obligation de conformité. C'est exact, mais incomplet. Nous le regardons depuis l'autre bout : celui du dossier qu'il faudra défendre.

Lorsqu'une faute inexcusable est recherchée, la question posée tient en deux membres : l'employeur avait-il ou aurait-il dû avoir conscience du danger, et a-t-il pris les mesures nécessaires pour en préserver le salarié ? Le DUERP répond aux deux — dans un sens ou dans l'autre.

Un document qui identifie le risque et démontre les mesures engagées est une pièce de défense. Un document muet sur un risque connu de tous, ou qui l'inscrit puis le laisse sans suite pendant trois exercices, est une pièce à charge — et c'est vous qui l'avez écrite.

Côté sanction pénale, le défaut de transcription ou de mise à jour est puni de l'amende prévue pour les contraventions de la cinquième classe, la récidive étant réprimée dans les conditions du code pénal. Mais l'amende n'est jamais ce qui coûte le plus cher dans ce dossier.

Un DUERP à sécuriser avant qu'on vous le demande ?

Nous le relisons avec le regard de celui qui devra le produire : ce qui manque, ce qui expose, ce qui protège.

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