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Visite de reprise après accident du travail : délais et obligations de l'employeur

gerermesatmp · 2026-09-03 · 7 min

Visite de reprise après accident du travail : quels délais pour l’employeur ?

Après un accident du travail ayant entraîné un arrêt d’au moins 30 jours, vous devez organiser la visite médicale de reprise dans un délai de 8 jours à compter de la reprise effective du travail de votre salarié (article R.4624-31 du Code du travail). C’est à vous, employeur, qu’incombe l’initiative de saisir le service de prévention et de santé au travail (SPST) : le salarié ne peut pas être remis au poste tant que cette visite n’a pas eu lieu.

Cet examen conditionne la validité de la reprise du poste et sécurise votre entreprise face à un éventuel contentieux en inaptitude ou faute inexcusable. Voici les règles opérationnelles à appliquer.

Dans quels cas la visite de reprise est-elle obligatoire après un AT ?

La visite de reprise n’est pas systématique après tout arrêt de travail. Elle devient obligatoire dans les situations suivantes (article R.4624-31 du Code du travail) :

  • après un arrêt de travail d’au moins 30 jours consécutif à un accident du travail ;
  • après un arrêt d’au moins 30 jours pour maladie ou accident non professionnel ;
  • après un congé de maternité ;
  • après une absence pour maladie professionnelle, quelle que soit sa durée.

Point de vigilance spécifique aux AT/MP : pour une maladie professionnelle, la visite de reprise est due sans condition de durée d’arrêt. Dès que votre salarié reprend après une MP reconnue, vous devez déclencher l’examen, même pour un arrêt court.

La durée de 30 jours s’apprécie en jours calendaires. Une rechute d’accident du travail entraînant un nouvel arrêt d’au moins 30 jours ouvre également droit à une nouvelle visite de reprise.

Quel est le délai précis et à partir de quand court-il ?

Vous devez saisir le SPST dès que vous avez connaissance de la date de fin de l’arrêt, afin que la visite se tienne dans les 8 jours suivant la reprise effective du travail.

Concrètement, le délai de 8 jours court à compter du jour où le salarié reprend son poste, et non à compter de la fin de l’arrêt indiquée par le médecin traitant. En pratique, pour éviter tout risque, il est recommandé d’anticiper : dès réception de l’information sur la date de reprise, contactez le médecin du travail pour caler le rendez-vous.

Visite de préreprise : à ne pas confondre

La visite de préreprise est distincte : elle intervient pendant l’arrêt de travail, à l’initiative du salarié, du médecin traitant ou du médecin-conseil de la CPAM (article R.4624-29 du Code du travail). Elle vise à anticiper un aménagement de poste ou un reclassement. Elle ne vous dispense jamais d’organiser la visite de reprise obligatoire au retour effectif du salarié.

Quelles sont vos obligations concrètes d’employeur ?

Votre rôle ne se limite pas à laisser le salarié revenir. Vous êtes tenu de :

  1. Prendre l’initiative de la saisine du service de santé au travail. Le salarié n’a pas à en faire la demande ; l’obligation pèse sur vous.
  2. Informer le médecin du travail de la reprise pour qu’il fixe le rendez-vous.
  3. Libérer le salarié sur son temps de travail pour se rendre à l’examen : le temps consacré à la visite est assimilé à du temps de travail effectif et rémunéré comme tel.
  4. Mettre en œuvre les préconisations du médecin du travail (aménagement de poste, restrictions, reclassement) si l’avis d’aptitude comporte des réserves.

L’examen de reprise a pour objet de vérifier que le poste ou le poste de reclassement est compatible avec l’état de santé du salarié, d’examiner les propositions d’aménagement et d’émettre le cas échéant un avis d’inaptitude. C’est cette visite — et non l’arrêt — qui met fin à la période de suspension du contrat.

Que risquez-vous en cas de manquement ?

L’absence d’organisation de la visite de reprise dans les délais expose votre entreprise à plusieurs risques.

Maintien de la suspension du contrat. Tant que la visite de reprise n’a pas eu lieu, le contrat de travail reste juridiquement suspendu, même si le salarié a physiquement repris son poste. Les protections liées à l’accident du travail continuent alors de s’appliquer.

Protection renforcée liée à l’AT. Pendant la suspension du contrat consécutive à un accident du travail, le salarié bénéficie d’une protection spécifique contre la rupture (article L.1226-9 du Code du travail). Ne pas avoir organisé la visite prolonge cette période protégée et fragilise toute décision de gestion.

Manquement à l’obligation de sécurité. L’employeur est tenu d’une obligation de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail). Le défaut de visite de reprise constitue un manquement susceptible de fonder des dommages-intérêts, voire d’alimenter la reconnaissance d’une faute inexcusable en cas de nouvelle atteinte à la santé après une reprise sans contrôle médical.

Contentieux de la reprise. Sans avis d’aptitude, une reprise sur un poste incompatible peut être qualifiée de manquement, avec un risque financier direct pour votre entreprise.

Articuler la visite de reprise avec le suivi AT/MP

Après un accident du travail, la visite de reprise est un maillon d’une chaîne de gestion plus large : déclaration d’AT, suivi des indemnités journalières, gestion des rechutes, éventuelle consolidation avec séquelles et attribution d’une IPP (incapacité permanente partielle). L’avis rendu lors de la reprise peut orienter vers un aménagement de poste, une inaptitude ou un reclassement, chacun ayant des conséquences sur votre compte employeur et votre taux AT/MP.

Le suivi rigoureux des délais est central. Une visite de reprise oubliée ou tardive, cumulée à d’autres manquements dans la gestion du dossier AT, augmente votre exposition au contentieux et peut peser sur votre tarification.

Un outil comme gerermesatmp automatise le suivi des échéances liées à vos dossiers AT/MP, sécurise vos déclarations et alerte sur les délais réglementaires à respecter, dont l’organisation de la visite de reprise, afin d’éviter les oublis à fort enjeu.

Questions fréquentes

La visite de reprise est-elle obligatoire pour tout arrêt lié à un accident du travail ?

Elle est obligatoire dès lors que l’arrêt consécutif à l’accident du travail atteint 30 jours. En dessous de ce seuil, pour un AT, la visite de reprise n’est pas légalement exigée. En revanche, pour une maladie professionnelle, la visite est due quelle que soit la durée de l’arrêt.

Le délai de 8 jours court-il à partir de la fin de l’arrêt ou de la reprise du salarié ?

Le délai court à compter de la reprise effective du travail par le salarié. Vous devez organiser l’examen de manière à ce qu’il se tienne dans les 8 jours suivant ce retour. Il est prudent d’anticiper la saisine du service de santé au travail dès que vous connaissez la date de reprise.

Le salarié peut-il travailler avant d’avoir passé la visite de reprise ?

En pratique, le salarié peut reprendre son poste, mais tant que la visite n’a pas eu lieu, le contrat reste juridiquement suspendu et la protection liée à l’AT continue de s’appliquer. Vous devez donc organiser l’examen sans délai pour mettre fin régulièrement à la suspension.

Qui doit prendre l’initiative de la visite de reprise ?

C’est vous, l’employeur. L’obligation d’organiser la visite de reprise et de saisir le service de prévention et de santé au travail pèse sur l’entreprise. Le salarié n’a pas à en faire la demande, même s’il peut vous solliciter.

Que se passe-t-il si le médecin du travail déclare le salarié inapte lors de la visite ?

Un avis d’inaptitude déclenche votre obligation de recherche de reclassement, selon des règles spécifiques renforcées lorsque l’inaptitude a une origine professionnelle (AT ou MP). L’indemnisation en cas d’impossibilité de reclassement est majorée pour une inaptitude d’origine professionnelle. La visite de reprise est donc le point de départ de ce processus.

À retenir

  • La visite de reprise est obligatoire après un AT dès 30 jours d’arrêt, et sans condition de durée après une maladie professionnelle.
  • Elle doit se tenir dans les 8 jours suivant la reprise effective du salarié (article R.4624-31 du Code du travail).
  • L’initiative appartient à l’employeur : c’est à vous de saisir le service de santé au travail.
  • Tant que la visite n’a pas eu lieu, le contrat reste suspendu et la protection AT s’applique (article L.1226-9 du Code du travail).
  • Un défaut de visite peut caractériser un manquement à l’obligation de sécurité (article L.4121-1 du Code du travail) et fragiliser votre entreprise en cas de contentieux ou de faute inexcusable.

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